Orgue

COMPOSITION
DE L’ORGUE DE SAINT JEAN DE LUZ

(ROBERT CHAUVIN, 1980)

Récit expressif (56 notes)Grand-Orgue (56 notes)
Flûte 4Bourdon 8Unda MarisPrincipal 8 Montre 8Bourdon 8 Flûte 8Bourdon 16
Flûte 2Sifflet 1Tierce 1’3/5Nazard 2’2/3Prestant 4Quarte 2SesquialteraGrosse 3ce
Clairon 4** Trompette 8**Voix humaine Trompette 8Fourniture 1èretrompette2èmetrompetteCornet V***
TremblantBasson 16 Cymbale IIIClairon 4 Rossignol
Pédale (30 notes)Positif de dos (56 notes)
Bourdon 8Principal 8Soubasse 16 Flûte 16Prestant 4Bourdon 8Flûte 4Nazard 2’2/3
Prestant 4Flûte 2Mixture IVBombarde 16DoublettePlein Jeu VLarigotTierce 1’3/5

MOTEUR

Clairon 4Trompette 8Cromorne 8Hautbois 8*Tremblant
Tir Pos, Tir G.O, Tir Rec,  -1 +1 fgBoite expressive Cop Pos/G.O    Rec/G.O



* Dessus de hautbois: 37 notes, à partir de Sol2
** Trompette et Clairon en chamade au dessus du buffet
*** Cornet à partir du Do3


ORDRE DE CLAVIERS : I : Positif, II : G.O, III : Réc
Traction mécanique des notes, électrique des registres
COMBINATEUR Joël Pétrique (15 800 combinaisons)
Ecran de
contrôle sous le pupitre à droite avec -1, Plénum,  Tutti, Fonction , Valider,   Annuler,  +1
12 boutons sous le clavier du Positif      Ajusteur   1  2  3  4  5  6  7  8  9  10  Annulateur

Un orgue était en fonction dans cette église au début du XVIIème siècle : il fut détruit par les troupes espagnoles lorsqu’elles mirent la ville à sac en 1636. En vue du mariage de Louis XIV, la paroisse fit appel à  un facteur de Rodez, Gérard Brunel. Il reconstruisit en 1659-1660 un petit orgue de douze jeux, dans le meuble alors conservé. Le facteur ne termina les travaux que quelques semaines après le mariage. Son instrument fut ensuite démonté pendant les travaux d’agrandissement de l’église. Il fallut attendre 1711 pour que soit édifié le meuble actuel, désormais classé monument historique. Il est l’œuvre de la famille Barthe, d’Oloron, qui avait livré en 1660 un buffet très semblable en la cathédrale d’Oloron sainte Marie, où il est conservé dans sa polychromie d’origine : bleu, gris et or. Ici, les Barthe ont très vraisemblablement réutilisé certains éléments décoratifs issus de l’orgue précédent (feuillages, rinceaux…). Mais à l’époque l’orgue n’avait encore qu’un seul buffet. C’est en 1724 que ce grand corps fut complété par le meuble du positif de dos, œuvre des frères Lépine, célèbres facteurs méridionaux.

Au cours des siècles, ce beau meuble sculpté, qui était alors polychrome et doré, servit d’écrin à plusieurs instruments. La paroisse en prit un soin tout particulier, n’hésitant pas à faire venir des artisans renommés (souvent depuis Bordeaux ou Paris), et des titulaires de valeur. Bessart, MicotLabruyère et Mauroumec agrandirent progressivement l’orgue classique.

L’instrument fut hélas détérioré par les troubles de la Révolution, puis lors des passages de troupes lors des guerres napoléoniennes. En 1837 la paroisse fit appel à un modeste facteur Navarrais, Manuel Amezua, pour reconstruire un petit orgue d’un seul claver dans le grand meuble existant : solution de fortune. Ce n’est qu’en 1875 qu’un grand orgue sera reconstruit, dans le style romantique de l’époque, par la maison Wenner de Bordeaux, notoirement connue : avec ses 32 jeux, c’était alors un des principaux orgues du département. C’est à cette occasion que le buffet prit sa teinte actuelle.

Par la suite un nouvel organiste nommé en 1922, Charles Lebout, entreprit de faire mettre l’instrument progressivement au gout du jour, avec l’aide des maisons Puget de Toulouse, puis Gonzalez de Châtillon.

Atteint par l’usure et dénaturé par ces transformations sonores et mécaniques, l’orgue fut finalement entièrement reconstruit en 1980, toujours dans le même buffet. Les ajouts du XXème siècle furent supprimés. Pour autant, l’orgue symphonique était jugé hors d’état d’être restauré : on s’orienta vers la construction d’un orgue neuf, de style néo-classique, avec traction mécanique des notes et traction électrique des registres. Seuls quelques tuyaux du XIXème et XXème siècle furent conservés. Ces travaux furent réalisés par l’atelier de Robert Chauvin (Dax), qui réutilisa donc une nouvelle fois le buffet historique, pour loger un orgue de trois claviers et 48 registres, à tempérament égal, doté d’un combinateur électronique. L’instrument tente de présenter une synthèse entre certaines caractéristiques de l’orgue classique français, et d’autres de l’orgue romantique. Aucun style n’y sonne donc de manière « historiquement informée », mais il permet d’interpréter un vaste répertoire couvrant plusieurs siècles de musique. Sa palette sonore se caractérise par de nombreux jeux d’anches qui lui donnent une certaine puissance et de la couleur.

Régulièrement entretenu grâce aux bons soins de la Municipalité qui en est propriétaire, cet instrument fonctionne depuis près de quarante ans. Après un premier relevage léger en 1992, il nécessite désormais un grand relevage. Par sa taille, c’est un des principaux orgues du département.